Toilette sèche

Toilette Sèche Ecologique : Le Guide Complet 2022

Les toilettes sèches, écologiques, sujettes aux fantasmes et préjugés les plus fous, mais finalement souvent méconnues pour leurs avantages et bénéfices qui, dans la situation actuelle où l’eau devient une ressource précieuse et une part importante des budgets familles, en font l’une des solutions cohérentes à démocratiser.

Cependant, ce constat reste à nuancer, démocratisable, oui, mais à quel point ? Tous les modèles sont ils réellement écologiques ? Y a-t-il des odeurs ? Quel type choisir, comment l’entretenir, l’utiliser, dans quelle habitation… autant d’éléments qui ont vite fait de nous perdre dans des informations pas toujours bien fondées.

Pas d’inquiétude, on a réalisé pour vous ce guide complet 2022 pour toilette sèche.

Comment fonctionne une toilette sèche ?

La première des questions que l’on peut se poser, bien qu’elle paraisse simple, c’est comment fonctionne une toilette sèche ?

Il existe bien sûr différents concepts, mais on va rester basique pour commencer avant d’aller plus dans le détail. Une toilette sèche, comme son nom l’indique, fonctionne sans eau. Élémentaire mon cher Watson ! Elle ne nécessite donc pas de raccord au réseau d’évacuation des eaux (là, on commence à toucher quelque chose).

Ce sont donc des toilettes économiques, adaptables, transportables et dans lesquelles selon les modèles, on vient ajouter, ou pas, aux déjections une matière carbone sèches (copeaux de bois, végétaux secs broyés, etc.) qui va permettre de recouvrir, annuler les odeurs (sous certaines conditions) et de transformer nos propres déchets pour en faire une ressource réutilisable et écologique, mais ça, on y reviendra.

Les différents types de toilettes sèches écologiques

Il existe, en fait, plusieurs types de toilettes sèches écologiques et deux d’entre elles, les plus récentes, vont retenir notre attention. Et non, malheureusement, on ne va pas parler des latrines ancestrales de vos arrières grand-parents, la fameuse cabane au fond du jardin qui avait plus un rôle de préservation de l’intimité qu’autre chose.

Ce qui nous intéresse ici, c’est de nous focaliser sur les systèmes de toilette qui font le plus parler et qui sont les plus adaptés à différentes habitations pour les particuliers.

Toilette sèche sans sciure de bois

Il existe des toilettes sans sciure de bois ou besoin d’ajout de litière. On les appelle communément les toilettes à séparation. Le principe est simple, on sépare les liquides (urines) des solides (matières fécales et papier) ce qui va permettre d’espacer grandement les vidanges. En effet, le fait de séparer l’urine (orientée dans un récipient ou sur un tuyau d’évacuation) va accélérer la déshydratation des matières fécales et donc leurs volumes.

Cette séparation est effectuée soit par gravité avec un système relativement imposant placé en dessous de vos toilettes équipé d’une grille qui retient les matières solides et laisse filer les liquides, soit par d’autres méthodes de séparation toujours post utilisation, soit à la source avec une cuvette qui comporte deux parties comme ci-dessous. Dans ce dernier cas cela prendra toujours plus de place en raison de la présence de deux bacs.

Toilette à séparation d’urine

Toilette sèche à litière biomaitrisé ou TLB

Ce modèle de toilette sèche dit TLB pour toilette à litière biomaitrisé, est en fait, contrairement à son nom savant, le système le plus basique et simple qui soit. Il s’agit probablement de la première image qui vous vient en tête quand on vous parle de toilettes écologiques : un coffre en bois refermé, surmonté d’une cuvette, à côté duquel pend fièrement une pelle qui sert à saisir les copeaux de bois dans la caisse d’à côté lorsqu’on a finit notre affaire.

Toilette sèche TLB

Vous avez compris le concept : pas de séparation, urines et fèces, tombent dans un récipient en plastique ou en inox qu’on viendra recouvrir d’une couche de matière carbonée. Le terme bio maitrisé vient du fait que les odeurs sont biologiquement régulés par l’équilibre des matières.

Le meilleur système de toilette sèche en 2022

On a choisi de parler d’introduire principalement deux systèmes et clairement, en fonction du contexte et pour sa capacité à être démocratisé, l’un des deux à plus d’avantages : la TLB.

Les toilettes sèches à séparation, bien que très pratiques pour le côté fréquence de vidange faible, comportent des inconvénients non négligeables :

  • La séparation par gravité nécessite des travaux ou une conception établie dès la construction et peut prendre beaucoup d’espace pour stocker les différentes cuves.
  • Les fèces séchées ou lombricompostés (élevage de vers à compost directement dans la cuve solide qui vont réaliser tout le travail) peuvent être directement compostés à condition de suivre certaines règles, ce qui n’est pas le cas de l’urine qui doit être diluée avant épandage annulant l’aspect économie d’eau.
  • La séparation facilite le développement d’odeur de chacun des composants solide et liquide. La plupart des systèmes comportent d’ailleurs un système de ventilation par le toit, alimenté électriquement, une surcharge dont on pourrait se passer et d’éventuels problèmes en cas de coupure.

La TLB, ne prend pas plus de place qu’une toilette ordinaire, peut être déplacée, s’adapter en intérieur comme en extérieur. Les odeurs sont biologiquement maitrisées et vous pouvez directement évacuer vos déchets dans votre compost classique ou autres structures dédiés. Enfin, cette dernière est réellement écologique (pas d’eau, pas de traitement superflu des déchets) et s’inscrit dans une démarche de respect de la biosphère. Bien sûr, on peut nuancer par le fait que cela nécessite une logistique différente en fonction de notre habitation, après tout rien n’est parfait. La suite de l’article sera davantage orienté vers ce type de conception.

Pourquoi installer une toilette sèche ?

Si on se pose toujours la question de pourquoi installer une toilette sèche après les quelques paragraphes ci-dessus, il paraît important de montrer son côté pratique et autonome. Pas de raccordement nécessaire au réseau des eaux ou électrique, donc en perspective moins de complication que ce soit dans une maison traditionnelle ou une nouvelle construction, et pas seulement.

Réduire sa facture d’eau

Que ce soit sur le plan écologique ou financier, les toilettes sèches sont clairement des solutions pertinentes pour l’avenir. À raison de 8 à 10 litres d’eau par chasses tirée ou davantage pour les modèles anciens, soit 20% de la consommation domestique, il apparaît aberrant de gaspiller autant d’eau, qui plus est potable, pour évacuer nos déjections, sans parler de la part des frais impactés sur notre budget annuel.

Rendez-vous compte 3 500 à 4 000 litres d’eau en moyenne par an et par personne qui pourrait être mieux employé et surtout économisés. On parle de 60 à 140 euros d’économie par an pour une famille moyenne de 4 personnes. Sans parler de la réutilisation via le compostage si vous avez un potager.

Composter ses toilettes sèches

Le problème principal en termes de pollution quand on utilise des toilettes à eau n’est pas tant la contamination de l’eau par nos déjections qui est moindre comparé à la manière dont elle est nettoyée en station d’épuration moderne. Si l’on inverse notre vision, on peut voir nos déjections non pas comme des sources immuables de contamination, mais au contraire comme une ressource qui, bien traité, peut alimenter nos sols et potagers.

Si vous possédez un jardin, un espace commun prévus à cet effet ou que votre ville a mis en place des programmes acceptants les déjections humaines, vous pouvez donc tout simplement y déverser votre seau. Attention, il est interdit de les mélanger à vos ordures ménagères dans le réseau classique. Le contact avec la terre est indispensable, privilégiez les contenant autre que le plastique pour votre composteur. En ce qui concerne la durée, sur un pays tempéré aux quatre saisons marquées comme en France, un minimum d’une année est acceptable, au meilleur des cas deux ans pour que ce soit parfait, notamment pour désactiver les résidus des éventuels médicaments que vous avez pu consommer.

Les toilettes sèches, avec le principe du compostage naturel, s’inscrivent alors dans une démarche purement éthique, responsable et écologique tout en vous fournissant un engrais biologique très nourrissant.

Comment utiliser vos toilettes sèches ?

Quelle quantité de sciure ?

L’utilisation, bien qu’elle soit simple et évidente, doit tout de même être « bien effectuée » pour éviter les désagréments. Principalement cela tient en quelle quantité de sciure ou litière est idéale ?

Il n’y a pas de vérité absolue, le geste parfait vient avec l’usage mais on vous conseille de déposer une couche de 2 à 3 centimètres au fond du sceau avant la première utilisation qui absorbera directement les liquides. Par la suite, après chaque passage, il conviendra de rajouter de la litière. Ajoutez seulement de quoi recouvrir, mais pas plus. Dans les faits, il n’est même pas nécessaire de les recouvrir totalement. Trop de litière va vous forcer à vidanger plus souvent qu’une fois par semaine et pas assez ne couvrira pas parfaitement les odeurs. Bien sûr, la quantité impactera aussi votre compost. Pas de stress à ce niveau, il faut un temps d’adaptation pour tout et en quelques jours, vous allez trouver le ratio idéal.

Comptez environ 40 litres de litières pour une centaine d’utilisations, mais il est difficile de donner un volume exact, tout dépend de votre utilisation, du nombre que vous êtes, en gros entre 1 et 2 mètre cube par an pour une famille de 4 personnes.

Quel papier toilette écologique?

Qui dit compostage, dit forcément de ne pas y ajouter de matières nocives pour l’environnement. Le papier est donc une partie importante des apports carbones de votre compost. Préférez les papiers de couleurs grisée ou beige qui sont les plus naturels. Les autres, parfumés de moultes saveurs ou encore imprimés et colorés sont à bannir définitivement. Méfiez-vous des papiers toilettes et rouleaux biodégradables d’un blanc éclatant, ils sont blanchis au chlore. À vrai dire, même sans toilette sèche, on devrait déjà les éviter. N’hésitez pas à prendre quelques minutes pour consulter le détail sur le paquet même si la mention papier toilette écologique est placardé sur le paquet.

Et oui, désolé, vous n’aurez pas vos motifs floraux préférés qui faisaient le charme de votre petit coin de paradis, mais les fleurs de votre jardin vous le rendrons bien !

Comment entretenir une toilette sèche écologique ?

Arrêtons les idées reçues, les toilettes sèches, c’est simple, ce n’est pas sale et c’est très facile d’entretien. On va vous donner les éléments principaux pour savoir comment entretenir une toilette sèche écologique.

Quels produits pour un entretien écologique ?

Déjà commençons par la vidange, environ une fois par semaine en fonction de vos besoins. N’attendez pas que le seau soit rempli au maximum à part si vous souhaitez développer des trapèzes de l’espace. Ensuite, versez le sceau dans votre composteur (info choc : ça sens moins que vos poubelles), rincez le sceau à l’eau si possible au-dessus de votre compost, une fois sec, remettez une couche de litière et on est partis pour un tour.

Pour les nettoyages, quels produits utiliser pour un entretien écologique ? Il y a différentes possibilités mais principalement, évitez les produits chimiques, chlorés, nocifs et surtout agressif qui risque de détériorer le vernis de vos toilettes et ensuite de contaminer votre compost. Donc simplement, savon de Marseille ou savon noir ; le bicarbonate de soude et vinaigre blanc sont à utiliser avec parcimonie et à condition de rincer ensuite ou cela pourrait être nocifs pour vos vers à compost. Bien sûr, on parle là du nettoyage du réceptacle, mais pour ce qui est de la partie extérieure et de la cuvette, pas de problème.

Quelle litière utiliser pour vos toilettes sèches ?

La litière est l’élément principal pour garantir le succès de votre toilette sèche. Il n’est en fait pas si difficile que ça de s’en procurer et il existe plusieurs alternatives qui peuvent vous permettre de recycler vos déchets végétaux. On recycle pour recycler et nourrir, c’est quand même beau comme principe. Voyons donc quelle litière utiliser.

Choisir la bonne sciure de bois

On lit parfois que la sciure de bois serait meilleure que les copeaux pour couvrir les odeurs, mais à l’utilisation, on se rend compte que ce n’est pas forcément vrai. En tout cas, il ne faut pas que votre sciure soit trop fine. Les copeaux ont aussi une bonne capacité d’absorption et évitent la poussière bien qu’ils soient un peu plus volatils. Que ce soit l’un ou l’autre, votre litière doit obligatoirement être non traitée, non issue de bois exotiques et de bois dit « non massifs » types planches OSB ou agglomérés. Faites des tests en petite quantité et choisissez ce qui vous convient le mieux en dehors de ces critères obligatoires pour ne pas impacter le précieux humus, « l’or brun » de votre compost.

Certaines essences de bois comme le pin, le cèdre, le sapin ont une odeur agréable et boisée, vous savez la même odeur réconfortante d’une pièce où l’on vient d’installer un meuble fraichement fabriqué. En plus, ils sont plus faciles à trouver, car très utilisés dans les scieries, les écoles et centre de formation ébénistes qui parfois vous les donnerons même gratuitement. Évitez les menuisiers qui eux vont utiliser des essences de bois traités. Le classique payant : magasins et sites internet.

Substituts à la sciure de bois

Il existe de nombreux substituts à la sciure de bois, issues de votre environnement et qui feront une litière parfaite et bien souvent encore plus efficace pour vote compost si vous faites votre propre mélange.

On peut utiliser tout type de déchets végétaux issu de branches, feuilles mortes, plantes ou herbes de tonte et autre provenance de votre jardin, mais à condition qu’ils soient secs et de préférence broyés plus ou moins finement pour une meilleure utilisation. N’ajoutez pas de l’herbe humide qui augmenterait le taux d’humidité et perturberait l’équilibre du compost.

La paille et même, surprise, les cartons d’emballages également imprimés, ou les copeaux de papier déchiquetés non traités peuvent être utilisés. Vous faites d’une pierre deux coups, vous entretenez votre jardin, évitez des voyages pénibles à la déchetterie et réutilisez la totalité de vos ressources pour enrichir vos futures productions.

Est-ce que les toilettes sèches sentes mauvais ?

On y arrive enfin, le moment tant attendu ou on casse le plus gros préjugé sur les toilettes sèches, est-ce que ça sens mauvais ? Eh bien, non… merci, rideau.

La TLB : toilette sèche écologique sans odeur

La TLB peut être considéré comme la toilette sèche écologique sans odeur et c’est sans abus de langage. Sans aller trop dans les détails, et contrairement aux idées reçues qui ont donné naissance aux toilettes à séparation (entre autre) c’est bien parce que l’urine permet l’apport idéal d’humidité et l’équilibre entre matière carbone et défécations que les odeurs peuvent être contrôlés.

Avec une litière bien dosée, il n’y a donc pas d’odeur, ha si attendez, il y en a une, celle de votre litière qui dégage un doux parfum de bois. Si vous avez toujours rêvé de vivre dans un chalet à la montagne, ça pourrait donner l’illusion. Le seul moment où vous pouvez percevoir une odeur, légère, c’est au moment de vider le sceau dans votre composteur, mais pour votre intérieur il n’y en a pas.

Conseil pour une toilette sèche qui sens bon

Et voilà un petit paragraphe, très court, mais sympa qui va assaisonner nos litières de toilettes sèche pour qu’elles sentent bon. Vous pouvez ajouter à votre litière quelques gouttes d’huiles essentielles diluées qui bien sûr ne vont pas êtres trop agressifs ou nocives pour votre compost. N’en abusez pas, c’est vraiment un petit tip’s pour les occasions, mais ne le considérez pas comme un mélange de base à part entière de votre litière.

Par contre, vous pouvez y ajouter des fleurs ou plantes séchées type lavande ou herbes aromatiques.

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